Coronavirus et crédibilité (Paul Graham)

Avant-propos: l'article suivant est un essai (titre anglais: "Coronavirus and Credibility") de Paul Graham que je me suis permis de traduire en français (n.b:  je n'ai pas été formé pour la traduction). N'hésitez donc pas à me contacter si vous avez un retour sur la traduction. Vous pourrez retrouver l'essai en version originale ici: http://paulgraham.com/cred.html


Avril 2020

J'ai récemment vu une vidéo de journalistes de télévision et de politiques affirmant en toute confiance que le coronavirus ne serait pas pire que la grippe. Ce qui m'a frappé, ce n'était pas juste à quel point ils semblaient se tromper, mais aussi leur désinvolture. Comment peuvent-ils se sentir en sûreté en disant des choses pareilles?

Je me suis rendu compte que la réponse est qu'ils ne pensaient pas pouvoir se faire prendre. Ils n'ont pas réalisé qu'il y avait un danger à faire de fausses prédictions. Ces personnes en font constamment, en toute impunité, parce que les choses sur lesquelles elles font des prédictions ont soit des dénouements suffisamment flous pour qu'elles puissent se tirer d'affaire, soit se produisent si loin dans le futur que rares sont ceux qui peuvent se souvenir des mots qui ont été dit.

Une épidémie, c’est différent. Elle réfute les prédictions rapidement et sans équivoque.

Mais les épidémies sont suffisamment rares pour que ces personnes n'aient visiblement pas compris que cela soit même une possibilité. Elles ont préféré continuer avec leur mode opératoire habituel, qui, comme l'épidémie l'a clairement montré, consiste à parler en toute confiance de choses qu’elles ne comprennent pas.

Un événement comme celui-ci est donc un moyen unique et puissant de prendre la mesure des gens. Comme l'a dit Warren Buffett, “C'est quand la mer se retire que l'on voit ceux qui se baignent nus.” Et aujourd’hui la marée se retire comme jamais auparavant.

Maintenant que nous avons vu les résultats, souvenons-nous de ce que nous avons vu, car c’est le test de crédibilité le plus précis que nous ayons eu, et que nous n’aurons probablement plus jamais. Je l’espère.


Paul Graham